La récolte du chanvre

Le moment et l'itinéraire de récolte varient suivant si l’on cherche à récolter l’ensemble des co-produits (pailles et chènevis) ou seulement les pailles.

Pour savoir comment récolter et que faire des pailles après la récolte, il faut tout d’abord tenir compte de l’outil de transformation et de ses exigences.

Dans tous les cas, il faut préserver ses outils en protégeant les pièces rotatives des fibres, très résistantes, qui s’enroulent autour peuvent bourrer et bloquer les mécanismes.

  • Récolte en mode non battu : pailles seulement

On peut faucher à partir de la maturité des pailles, 10 jours après la pleine floraison (lorsque 80% des fleurs femelles sont ouvertes sur les sommités florales).

Il est vivement conseillé d’utiliser une faucheuse à section, avec des pièces coupantes aux dents bien affutées. Mieux vaut ne pas faucher trop au ras du sol (cailloux), une hauteur de paille résiduelle entre 10 et 15 cm semble bien convenir.

Après la fauche, les pailles doivent rester au champ un séchage plus ou moins long. Cette étape dite de « rouissage » consiste à laisser la paille au champ entre quinze jours et un mois selon les conditions météo (le soleil et la rosée vont permettre une dégradation enzymatique des pectines liant les fibres entre elles, ce qui va commencer à défibrer les pailles). La paille doit passer d’une couleur verte à un gris roux, elle doit atteindre au moins une couleur beige clair pour être pressée. La chènevotte, à l'intérieur de la tige, doit rester claire.

Si la faucheuse utilisée dispose les pailles en vrac au sol, un andainage doit suivre avant la mise en balles. Cette opération participe aussi à faire sécher les pailles et à faire tomber les feuilles et éventuelles graines. Les pailles sont ensuite pressées en balles rondes pour être utilisées par la ligne de transformation de Chanvre Gardois.

Les balles sont stockées chez les producteurs, de préférence sous un abri couvert et décollées du sol et des murs. L’humidité des pailles doit être au maximum de 16%.

Production de chanvre :

Voir aussi :

  • Récolte en mode battu : graines et pailles

Il faut attendre la maturité des graines avec patience : récolter lorsque 80% des sommités ont viré au brun. A ce stade, optimal pour la récolte, environ 70% des graines sont mûres et contiennent 22 à 30% d’humidité. Pour récolter les graines puis les pailles, on moissonne d'abord, puis on fauche en sens inverse de la moisson.

Pour le battage, on utilise une moissonneuse-batteuse avec pick-up relevé. Les moissonneuses-batteuses rotatives semblent moins bien convenir à la récolte du chanvre à cause des problèmes de bourrage. On récolte de préférence par une fin de matinée et un après-midi ensoleillé. Il faut adapter sa manière de travailler à la culture du chanvre : bien nettoyer les machines, lever la barre de coupe à 1m80 pour récolter seulement les sommités, aiguiser les lames de la barre de coupe pour réduire l’entortillement des fibres, diminuer la vitesse habituelle de battage de 10-20%, desserrer les contre-batteurs… Il faudra faire quelques essais pour déterminer le réglage optimal permettant de réduire l’usure de la moissonneuse-batteuse et d’améliorer le rendement et la qualité du grain.

Télécharger la fiche technique sur la récolte du chanvre : cliquez ici.

L’étape suivante est le séchage. A la récolte, les graines sont à 20-30% d’humidité. Pour le stockage elles doivent descendre à 7-9%. Il faut donc les mettre à ventiler dès la sortie de la moissonneuse-batteuse, pour environ 48h. Les graines peuvent être entreposées dans des bennes sur 1 mètre de hauteur maximum. Les bennes peuvent être ventilées avec un système de soufflerie à céréales (puissance de 2KW par exemple) accompagné éventuellement d’un chauffage d’appoint (convecteur électrique de 1-1,5KW par exemple) à l’aspiration du ventilateur. Attention à ne pas chauffer le grain au-delà de 40°C, et à évacuer les éventuelles fumées à l’extérieur.

Enfin, on procède à un tri afin d’éliminer les impuretés grâce à des grilles, un trieur alvéolaire ou rotatif. En effet, à la fin de la moisson, il y a environ 20% d’impuretés, qui doivent être ramenés à moins de 2%. Il faut ensuite laisser le chènevis en silo fermé pour éviter la présence de corps étrangers.

Toutes ces précautions doivent être prises car la demande en qualité est très forte pour une bonne valorisation de la récolte de graines bios. Pour une bonne qualité de l’huile sur le marché de l’alimentation humaine, le taux d’acide oléique doit être inférieur à 2%, la limite règlementaire étant de 4 à 5% selon les pays. Or ce taux augmente lorsque la conservation est faite dans de mauvaises conditions et que les graines sont vertes, fendues ou cassées. Des analyses sur les graines peuvent être demandées, qui sont à la charge du producteur et peuvent être réalisées par le laboratoire départemental d’analyses pour une cinquantaine d’euros.

Télécharger la fiche technique sur l'après-récolte du chanvre : cliquez ici.

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